Autour du romanDenis GillotPersonnages

Ces moments où l’on a découvert le vrai… Denis

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Un ami convivial et accueillant

Si Maxine avait pu choisir qui parmi ses futurs amis elle allait rencontrer dès son entrée dans le hall de l’Institut Albéric Martineau, son choix se serait évidemment porté sur Denis. Seul ce personnage à l’allure dégingandée et aux cheveux en bataille était capable de lui faire oublier la terreur que lui procurait cette toute première rentrée des classes.

Un soupçon de maladresse et une bienveillance sans faille, voilà le secret de la convivialité façon « Deninouchet » !

Un mouvement de foule poussa légèrement Maxine vers l’avant et la fit trébucher sur le garçon maigrichon qui attendait devant elle.

— Oh, pardon ! dit-elle en rattrapant de justesse la main qu’il lui tendait.

— Ce n’est rien, répondit-il en souriant.

Le jeune homme arborait un long visage anguleux surmonté d’un nez busqué et de petits yeux dorés aux paupières tombantes qui lui donnaient un air fatigué. Ses lèvres fines souriaient gentiment et ses cheveux blonds, semblables à de la paille, balayaient son front et formaient quelques épis sur le sommet de son crâne, comme s’il n’avait pas eu le temps de se coiffer ce matin-là. À n’en pas douter, ce garçon-là était gentil, il le portait sur lui.

— Tu es nouvelle à l’Institut, pas vrai ? Je ne t’ai jamais vue avant. Je m’appelle Denis. Et toi ?

— Oui… Je viens d’arriver à Paris. Je m’appelle Maxine.

Le sourire de Denis s’élargit.

— Oh ! Bienvenue dans notre magnifique ville, alors !

 

Denis et Maxine : unis dans l’adversité

Certaines amitiés apparaissent peu à peu, en prenant leur temps, comme la braise qui embrase lentement la paille avant de créer un grand feu de joie. Ce ne fut pas le cas de celle qui unissait Maxine et Denis. Leur lien était né d’un combat, d’une union contre les « fils de » et tous deux s’étaient vus soudés par ce dégoût viscéral que leur procurait l’injustice et la cruauté de ce petit groupe de privilégiés.

— Pierrick, Gabriella, Rémi et d’autres encore sont issus de familles importantes de la ville. Ils forment une sorte d’élite qui fascine et effraie tout le monde ici, expliqua Denis à mi-voix.

Maxine approuva d’un faible hochement de tête, même si l’idée de vouloir intégrer cette élite nauséabonde lui semblait totalement absurde.

— Ce sont des fils à papa. D’ailleurs, tout le monde les appelle les « fils de »… Je te laisse imaginer de quoi !

 

Un rédacteur en chef très impliqué

Ce n’était pas faute d’avoir tenté de recruter Maxine dans son équipe, mais sa timidité l’avait emporté sur la persévérance de ce cher Denis. S’il y avait bien une chose qui passionnait notre blondinet préféré en dehors du Centurion, c’était le journal du lycée ! Toujours fourré dans son local, que cela soit avant le début des cours ou pendant les interclasses, Denis se faisait fort de vivre pleinement sa passion de journaliste jusqu’à en être… un peu envahissant.

Le regard de Maxine se posa sur une plaque fixée sur l’une des innombrables portes qui rendaient tous les couloirs de ce lycée identiques et son cœur bondit dans sa poitrine quand elle lut « Journal du lycée ». Maxine se précipita vers la porte et la poussa.

Un grand garçon blond aux cheveux en épis leva les yeux de l’écran qui flottait sous son nez et lui fit un signe enjoué.

— Super, Max ! Tu as changé d’avis pour l’article ?

— Non… Désolée, répondit Maxine, soulagée de trouver enfin un visage connu.  En réalité je suis un peu perdue.

 

La malédiction des Porteurs

En entrant dans l’adolescence, les jeunes Porteurs du monde entier tremblaient à l’idée de voir apparaître leur Capacité. Si, dans la plupart des cas, les Capacités révélées n’étaient ni dangereuses ni exceptionnelles, certains Porteurs voyaient pourtant leur vie basculer du tout au tout en passant du statut d’individu dit « normal » à celui de personne « hautement dangereuse » pour la société.

Le drame des Porteurs était de ne plus pouvoir vivre comme n’importe quel citoyen de l’Union, mais celui de Denis était autrement plus singulier… Si Denis tremblait chaque matin en se réveillant déçu d’être tout à fait identique à la journée précédente, c’était parce que sa malédiction le condamnait à rester un adolescent de seize ans qui n’avait toujours pas de Capacité… jusqu’au jour où :

— As-tu des nouvelles de Denis ?
— Non. Rien, répondit Maxine, sincèrement désolée.
Flora baissa les yeux et la suivit jusqu’à la salle de cours de Gestion des Capacités.
— Ça fait déjà une semaine qu’il a eu son accident de scooter et que sa Capacité s’est déclarée. Je suis très inquiète ! Sa mère refuse de me laisser le voir et Denis rejette tous mes appels… Tu crois que sa Capacité l’empêchera de reprendre les cours ? J’espère qu’il n’en a pas une qui le handicape trop… Il ne mérite pas ça !
Maxine la regarda avec un air triste, incapable de trouver les mots qui pouvaient la consoler.
— Peut-être qu’il est simplement fatigué par son apparition ? Le réveil de la Capacité est un grand changement pour le corps des Porteurs, essaya-t-elle prudemment.
Flora lui sourit faiblement, plus pour saluer cette tentative de réconfort qu’en véritable signe de soulagement, et poussa la porte de la classe.

 

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